Définition de la solastalgie donnée par son créateur lui-même, sur l’antenne d’Europe 1 :

La solastalgie est l’expérience des changements négatifs de l’environnement. C’est semblable au concept de nostalgie, un mal du pays en quelque sorte éprouvé par quelqu’un qui est loin de chez lui, mais pour la solastalgie, la personne est déjà chez elle, c’est son lieu qui la quitte, il fallait un nouveau mot pour décrire cette condition.

Glenn Albrecht

La solastalgie est un néologisme inventé en 2004 par Glenn Albrecht. Le terme provient du mot anglais « solace » qui signifie « réconfort », et de « algie » qui veut dire « douleur ». Cela peut être traduit par la douleur liée à la perte de ce qui nous réconforte.

Exemple de solastalgie vécue à Montrouge

En août 2018, dans le cadre du projet des Allées Jean-Jaurès, le maire de Montrouge Étienne Lengereau, valide l’abattage de TOUS les arbres se trouvant à la place du futur projet.

Hors, personne n’était au courant.

Comme beaucoup d’habitants, j’ai découvert l’horreur au moment de l’abattage.

J’étais sur place et ça m’a vraiment fendu le cœur. Ma voisine qui m’accompagnait quant à elle avait les larmes aux yeux.

Une initiative citoyenne a instantanément vu le jour.

D’abord, des personnes ont enlacé les arbres pour empêcher leur abattage, ce qui a provoqué l’intervention de la police pour les déloger, puis des actions administratives ont été menées.

La majorité des arbres a été abattue, mais grâce à ce collectif, les arbres restants ont pu être sauvés. Certains ont été déplacés dans le futur parc, d’autres sont restés à leur place.

Après cet épisode de catastrophe écologique, la réélection du maire a été très difficile, là où son prédécesseur Jen Loup-Metton faisait presque l’unanimité aux yeux des Montrougiens.

Depuis, M. Lengereau a revu sa communication verte, mais de mon point de vue cela reste plus de l’image que de vraies actions.

L’absurdité écologique de l’homme

Sortons quelques instants du sujet de la solastalgie et de l’éco-anxiété, car le projet des Allées Jean-Jaurès est un parfait exemple pour parler de l’absurdité écologique de l’homme.

L’avenue Jean-Jaurès avant

Certes, l’alignement des voitures stationnées gâchait le paysage et les trottoirs étaient étroits, MAIS on avait le plaisir de se balader dans cette allée arborée de platane des deux côtés de la route.

Plusieurs brocantes ont été organisées sur cette route et il était vraiment agréable d’y flâner.

L’avenue Jean-Jaurès après

Photo prise au même endroit et crois-moi, la vue est flatteuse par rapport à la réalité.

Le problème principal est visible à gauche au niveau de l’herbe.

Avant les arbres faisaient de l’ombre et l’herbe était verte, maintenant sans ombre, l’herbe est complètement cramée.

Un parc en plein soleil, sans ombre

La situation géographique des Allées Jean-Jaurès et de son parc font que ce sont des endroits exposer au soleil du matin jusqu’au soir.

Comment pouvoir garder une herbe verte quand celle-ci est exposée en permanence au soleil ?

Du coup, il y a un arrosage automatique des pelouses la nuit. Je ne t’explique pas la consommation d’eau.

Certains sur twitter, n’hésite pas à comparer la traversée des Allées comme une traversée du désert. Et ils ont raison !

Image du projet des Allées Jean-Jaurès

Image réelle en plein soleil à venir

Dès que les températures montent (de juin à septembre), j’évite vraiment de passer par là.

Surtout que depuis 2017 en Ile-de-France à cette période, c’est canicule sur canicule. Le réchauffement climatique est bien là.

Donc le fait, d’avoir abattu ces arbres nous prive d’une fraicheur dont on aurait eu grand besoin alors que le climat se dérègle.

Pour conclure, je pense qu’un compromis pour ce projet aurait pu naitre : embellir cette avenue tout en gardant les arbres.

Cette histoire des Allées Jean-Jaurès est un bel exemple de solastalgie.

Si tu cherches d’autres témoignages d’éco-anxieux, jette un œil à ceux de psychologies.com que j’ai trouvé intéressant.


Différence entre solastalgie et éco-anxiété

Quand on recherche « solastalgie » sur Internet, on tombe en premier sur des sites – même sur Wikipedia – qui nous expliquent que la solastalgie est l’équivalent de l’éco-anxiété.

Sauf qu’il y a une petite nuance.

La solastalgie c’est : le mal être que l’on ressent lorsqu’on est témoin d’un changement de notre environnement.

L’éco-anxiété quant à elle, est l’angoisse générée par des changements environnementaux et climatiques, passés, présents et futurs.

Pour être précis, quand on vit de la solastalgie, on est également éco-anxieux, mais on peut très bien être éco-anxieux sans vivre de solastalgie.

En d’autres termes, je peux très bien m’inquiéter pour le climat, sans percevoir de changements de mon environnement qui me rendraient triste.

Cependant, mettons de côté cette petite nuance et partons du principe que c’est effectivement la même chose.

Symptômes de la solastalgie et de l’éco-anxiété

Il peut y avoir simplement un grand sentiment de tristesse que l’on a perdu ou que l’on va perdre un morceau de notre environnement qui ne reviendra jamais.

Le reste des symptômes sont semblables à n’importe quelle anxiété :

  • Une perte d’appétit
  • L’irritabilité
  • Des troubles digestifs
  • Des crises de panique
  • Des obsessions
  • Une grande fatigue
  • Des insomnies, troubles du sommeil (réveils nocturnes et cauchemars)
  • Des maux de têtes
  • Du stress au niveau du cou, des épaules et du dos
  • Un état de chagrin, de colère, de tristesse et de stress

Que faire en cas de solastalgie et d’éco-anxiété ?

Comme l’a dit Pablo Servigne dans son livre ou dans une interview (je ne sais plus), il y a un deuil à faire.

Il faut laisser passer le chagrin et la colère, seulement ensuite on pourra utiliser notre anxiété de façon positive pour agir envers la planète.

Je crois que comme le stress, il y a la bonne et la mauvaise anxiété.

La mauvaise nous fait tout voir en noir, alors que la bonne nous aide à vouloir changer les choses.

Et comme le disait Yann Arthus-Bertrand dans son interview chez Thinkerview : tout le monde peut faire quelque chose pour améliorer la situation.

Par exemple, ne pas hésiter à rejoindre des groupes Facebook comme celui de « La collapso heureuse ».

Est-ce nécessaire de préciser également qu’en cas d’éco-anxiété ou de solastalgie, il est plus que jamais primordial de garder un contact avec la nature ?

Ne pas hésiter à déménager s’il le faut ou faute de mieux, de planifier régulièrement des randonnées ou du jardinage.

Voici un exemple d’approche positive face à la solastalgie.

Éviter la surcharge mentale

Attention à ne pas non plus dans un extrême où l’on voudrait tout bien faire : zéro déchet, zéro pollution, pas d’enfant, etc.

Sinon, on ne vivrait plus.

Je discutais avec un ami qui œuvre depuis des années à éveiller les consciences écologiques uniquement de son entourage proche : famille, ami et collègues.

Depuis qu’il a quitté l’Île-de-France pour une vie plus en adéquation avec ses valeurs, il dit qu’il en fait suffisamment et parfois se met des œillères sur des choses qu’il pourrait améliorer.

Guérir de la solastalgie et de l’éco-anxiété, c’est trouver un juste milieu entre faire du bien à la planète et se faire du bien à soi-même.

Crédit photo Le Parisien

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