Le texte suivant est un résumé des principales idées développées par Barbara Stiegler lors de son interview chez Thinkerview ayant comme sujet : « S’adapter à une société malade ? »

Nous sortons de la masse

L’Occidental moyen veut régler ses problèmes, pas ceux du monde.

Ce qu’il l’intéresse, c’est : avoir un emploi, remplir son caddie et avoir une famille.

Sauf que dans cette masse, il y a l’émergence d’une population, des potentiels, ce que le philosophe Dewey appelle des publics.

Des individus qui ne se sentent pas bien, qui ont des problèmes, qui se mettent à faire de la philosophie, car quand on ne se sent pas bien, on philosophe.

Ils s’identifient et comprennent que d’autres ont le même type de problème.

Ils se mettent en mouvement, ils ne sont pas passifs, ils cherchent une thérapeutique par rapport à leurs problèmes.

Grâce aux nouveaux médias, internet, réseaux sociaux, ils ont les moyens de se connecter entre eux, d’aller chercher des ressources, dans ce que Dewey appelle : le savoir, la science, la connaissance, pour essayer de manière expérimentale des solutions.

C’est l’un des sens d’internet.

Bienvenue chez L’Homme Heureux

J’ouvre une petite parenthèse pour dire que ce résumé est la description parfaite de L’Homme Heureux.

Le public de L’Homme Heureux ce sont des personnes qui sentent que quelque chose ne va pas.

Ça peut être un manque de sens dans le travail, une sensibilité à l’écologie ou l’observation de trop de consumérisme, ce qui est contre nature.

Ce public, nous, cherchons quelque chose de plus.

Comme disait Albert Dupontel : « On n’est pas que ça. On n’est pas que ce petit animal qui cherche à boire, à manger, à copuler, on est plus que ça ! »

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Fin de parenthèse.

Là où ça a merdé dans notre société

Aujourd’hui, nous sommes dans une société qui oscille entre libéralisme, néolibéralisme et des modèles archaïques.

Ça a commencé à merder au 18e siècle avec la révolution industrielle.

Grâce ou à cause de la révolution industrielle, il y a eu une accélération des rythmes, toujours plus vite, toujours plus loin.

On s’est mis à produire, produire, produire, puis à exporter tout ce qu’on produisait.

Ceci a créé de nouveaux environnements, sauf que l’humaine n’a pas eu le temps de s’adapter à ces rythmes et ces environnements, parce que justement, ça a été trop vite.

Naissance de nouveaux maux et rapport au temps

Nous ne sommes pas adaptés cognitivement, psychiquement, affectivement, pour supporter ce que nous avons créé.

Ce qui a provoqué de nouveaux maux : des troubles psychiques, de la dépression, de l’obésité.

Ça a même modifié notre rapport au temps. Aujourd’hui, il est très compliqué d’être lent. On ne peut être lent que par périodes.

C’est-à-dire que la majorité du temps, on sera dans la rapidité, et de temps en temps, on se ménagera des périodes comme le sommeil, où on aura le droit d’être lent.

Exemple : pendant une heure, on aura le droit d’être lent. Deux fois par semaine.

Mais ce luxe d’être lent sera toujours pour être plus rapide, plus productif par la suite.

C’est aussi pour ça que le monde néolibéral s’appuie sur d’anciennes techniques comme la méditation et le yoga.

Darwin et la théorie de l’évolution

Avec Darwin et sa théorie de l’évolution, nous avons compris que rien n’est figé. Au contraire, tout évolue en permanence.

Ce qui est vrai aujourd’hui, ne le sera peut-être pas pour nos enfants ou nos petits enfants.

Ce qu’il faut comprendre de l’évolution :

  • Il n’y a pas de fin
  • Ça part dans toutes les directions
  • Et surtout, il n’y a pas de sens

Mais il est très difficile d’admettre et d’accepter tout ça.

C’est pour cela que nous cherchons en permanence un chef, une tête pensante qui nous montrera la direction.

Nouvelle parenthèse :

Je le dis depuis quelques années maintenant : la vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.

Et pour pallier au manque de sens, plutôt que de se lancer dans des achats compulsifs, mieux vaut revenir à une vie simple.

Fin de parenthèse.

Lippmann et la théorie du consentement

Walter Lippmann était un écrivain journaliste et polémiste. Il est surtout connu pour son expression « fabrique du consentement », que j’explique juste après.

On peut également dire que Lippmann était visionnaire puisqu’il avait déjà compris l’avenir de nos sociétés :

  • Soit chacun s’adapte à la mondialisation
  • Soit il y aura un repli nationaliste et donc on ira dans le mur

Et selon lui, toute autre hypothèse d’avenir n’est qu’un conte pour enfants.

Démocratie et consentement

La démocratie telle qu’on l’a conné, est bien adaptée à une petite citée, mais pas adaptée à un grand pays.

Aujourd’hui, nous sommes des sociétés massifiées, qui partent dans tous les sens et qui ne sont pas équipées psychiquement, affectivement, cognitivement.

Donc on ne peut plus simplement recueillir un consentement comme à Athènes à l’époque des Grecs, il faut le fabriquer.

Pour fabriquer du consentement, on peut utiliser des techniques de communication et de propagande, exemple le cinéma lors de la Seconde Guerre mondiale.

Si ce consentement n’est pas fabriqué, ce sont les autres qui le feront, c’est-à-dire les fascistes, puis les nazis qui nous mèneront à la catastrophe.

Il y aura un déferlement de nationalisme qui fera qu’on voudra écrabouiller toutes les autres nations.

Il faut donc utiliser la propagande pour adapter les masses aux exigences de la mondialisation.

Le but des néolibéraux est d’œuvrer pour la paix, car la guerre est quelque chose d’archaïque.

Conseils pour la jeune génération

Continuer de s’emparer des outils technologiques, des réseaux sociaux pour répondre à une souffrance sociale, aux problèmes politiques et pour connecter des experts.

Ne pas attendre des experts une direction ultime, car il n’y en a pas, mais de les écouter pour les mettre au service de cette jeune génération.

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