Idriss Aberkane : « Comment libérer notre cerveau ? », la conférence

J’ai découvert Idriss Aberkane grâce à son interview chez Thinkerview, et j’ai la sensation d’arriver après la bataille, car cet homme a suscité de nombreuses controverses en 2018 et depuis, pas grand-chose.

Présentation d’Idriss Aberkane

Idriss Aberkane a sorti un livre en 2016 (il en avait écrit d’autres avant) intitulé « Comment libérer notre cerveau ? », qui a buzzé en 2018. Suite à ce buzz, il a publié un nouveau livre ayant pour titre « l’âge de la connaissance ».

Depuis cette période, il semble simplement vivre de ses conférences et de ses formations. Il a également une chaîne YouTube avec 300 000 abonnés, dont chaque vidéo totalise en moyenne 100 000 vues.

Controverses

Les controverses subies par cet homme sont dues au fait qu’il ait obtenu 3 doctorats entre 2013 et 2016. Et forcément, la question que tout le monde s’est posée est : comment réaliser 3 thèses en 3 ans ?

D’où la première question posée chez Thinkerview : Idriss Aberkane, est-ce que t’es un mytho ?

Sa réponse : j’ai beaucoup travaillé. Je fais des journées de 15h depuis 2006 et ça ne me pose aucun problème, car j’aime ce que je fais.

Sur ce dernier point, je veux bien le croire. Tout le monde a déjà vécu une passion qui nous fait perdre la notion du temps et qui nous tient éveillées sans problème pendant des heures.

Je dois également avouer que l’homme parle très bien et semble connaître énormément de choses, cependant un point me gêne.

3 doctorats pour du développement personnel ?

Après m’être farci plus de 4h d’Idriss Aberkane en une journée – son interview chez Thinkerview et sa conférence au CERA, tout en prenant des notes pour y faire la synthèse ici – le résultat est que je n’y ai pas appris grand-chose…

Ça fait des années que je baigne dans le développement personnel. Tout ce qu’il raconte, je l’ai déjà plus ou moins lu ou entendu dans des livres ou des podcasts.

Alors, pourquoi s’embêter à passer 3 doctorats pour finir par nous raconter des idées qu’on peut déjà trouver dans des livres tout public ? Peut-être pour le prestige et le réseau relationnel qu’offrent les grandes écoles ?

Ma conclusion sur Idriss Aberkane est que vous pouvez écouter cet homme si vous vous n’êtes jamais intéressé aux sujets qu’il aborde. Dans le cas contraire, vous perdrez surement votre temps.

Ce qui suit est un résumé, mixé avec mes réflexions personnelles, d’Idriss Aberkane lors de sa conférence au CERA, intitulée : « Comment libérer notre cerveau ?« 

Les 2 points à retenir de la conférence

  • Si tu ne connais pas le fonctionnement de ton cerveau, quelqu’un le connaitra à ta place
  • Si tu n’arrives plus à apprendre, on te l’implantera (très probablement via une puce)

Pourquoi il est fort probable que l’on termine avec une puce dans le cerveau ?

Nous vivons dans un monde où il y a de plus en plus d’informations et qui plus est, pas toujours utiles. Il est très difficile d’y faire un tri, on s’y noie très facilement.

Combien de temps passe-t-on par jour à scroller Facebook, Instagram, Twitter, sans en retirer quoi que ce soit à la fin ?

L’attention – ou plus familièrement le jus de cerveau – est devenue une ressource chère. Bien plus que le pétrole.

Aujourd’hui, Facebook vaut 5 fois Total en bourse, parce que l’attention vaut 5 fois plus que des barils de pétrole.

De plus, toute cette attention gâchée nous vole notre temps, la ressource la plus précieuse de chaque être humain.

Or, il est impossible de télécharger de la connaissance dans notre cerveau sans attention ni temps.

Donc si nous sommes noyés sous l’information et que nous n’arrivons plus à apprendre convenablement, des entrepreneurs comme Elon Musk auront pour solution de nous implanter une puce dans le cerveau.

Un humain toujours plus productif

En plus d’évoluer dans une société noyée sous l’information, cette même société nous demande d’être toujours plus productif. À la base, l’informatique a été inventée pour automatiser des tâches et pour que l’on soit un peu plus libre. Pourquoi alors nous demande-t-on toujours d’en faire plus ?

Par ailleurs, la productivité est souvent opposée à l’épanouissement : soit on est productif et dépressif, soit on est épanoui et fainéant.

C’est d’ailleurs un principe très ancré dans la mentalité française. Pour réussir, il faut obligatoirement souffrir. Mais comme disait un de mes mentors, si le salaire était basé sur la souffrance, les mineurs de charbon seraient les plus riches.

Face à cette demande de productivité, il y a par exemple des étudiants qui n’hésitent pas à se doper pour augmenter leur performance.

Enfin, nous allons également devoir faire face à la présence de plus en plus importante de l’intelligence artificielle.

En faisant ces constats, pour rester compétitif face aux machines, le spectre de la puce dans le cerveau plane encore.

Idriss Aberkane nous dit : « Je suis personnellement contre l’idée de poser des implants pour rester en compétition avec la machine. »

Les marketeurs connaissent déjà ton cerveau

Le but du marketing est de susciter et/ou de répondre à un désir. As-tu remarqué que la majorité des personnes achètent en priorité ce qu’elles désirent et rarement ce dont elles ont vraiment besoin ?

On dit souvent que pour vendre un produit à un homme, il faut cibler la testostérone, qui rime avec le pouvoir, la domination, la réussite. Et que pour vendre un produit à une femme, il faut cibler les estrogènes, qui riment avec l’engagement.

Petite parenthèse : Stéphane Edouard, un de mes mentors explique, quant à lui, que pour vendre à un homme, il faut vendre un système, c’est-à-dire quelque chose qui règle définitivement un problème afin de ne plus y penser.

Alors que pour vendre à une femme, il faut lui vendre une porte de sortie du monde dans lequel elle se trouve. Comme si un motard lui disait : « ce n’est pas de ta faute, c’est ce monde qui ne te comprend pas, allez viens, monte sur ma moto ».

Fin de parenthèse.

La mignonitude

La mignonitude est un concept inventé par la nature afin de transmettre le message : « n’aie pas peur, occupe-toi de moi ! ». La plupart des bébés des animaux sont mignons pour qu’on s’occupe d’eux.

Les marketeurs ont repris ce principe, pour que le public adopte n’importe quelle technologie. Il suffit de regarder la montre d’Apple : l’Apple Watch. Elle nous dit : regardez comment je suis mignonne avec mes bouts arrondis, achetez-moi !

Nous sommes à l’époque d’Edward Snowden, celui qui a dénoncé l’espionnage de la NSA, mais Apple vend des montres connectées qui ont accès à un tas de nos informations. Tout ça parce qu’elle est mignonne.

Apple vend plus de montres que toute la Suisse, car sa montre est la plus mignonne du marché.

Voici la meilleure façon d’apprendre

Le cerveau a par essence soif de connaissance. Un enfant de n’importe quel pays veut toujours tout savoir. Autant un petit Somalien, qu’un petit Français.

Nous avons dit précédemment que toute connaissance, pour qu’elle soit apprise, demande du temps et de l’attention. Nous résumerons cette idée par l’équation At.

L’activité qui a le meilleur rendement d’At est le jeu.

D’après Idriss Aberkane – je ne connais pas sa source – entre 2004 et 2014 le jeu StarCraft II a accumulé 7 millions d’années de jeu. C’est 50 fois plus que toutes les heures travaillées chez Apple, la société la plus riche du monde.

Les champions de ce jeu réalisent en moyenne 400 actions par minute.

Aujourd’hui, il n’existe pas d’intelligence artificielle capable de battre des joueurs de StarCraft II. C’est pour cela que de grandes sociétés comme Facebook et Google payent ces joueurs des millions pour entrainer leur intelligence artificielle.

En résumé, jouer est la façon la plus efficace d’apprendre.

Il suffit de regarder les animaux, tous leurs bébés apprennent en jouant. Il paraitrait même que plus un animal est intelligent, plus il joue.

Le jeu est également très important, car à la moindre erreur, il vous corrige immédiatement, ce qui est essentiel pour apprendre.

Toutes les personnes ayant entrepris de grands projets vous diront qu’il est important de vite échouer et de recommencer jusqu’à y arriver.

En réalité, l’échec est un diplôme.

Enfin, si vous aimez ce que vous apprenez, vous avez toutes les chances de réussites. Léonard de Vinci disait : « Si vous voulez apprendre quelque chose avec efficacité, vous devez vous offrir le luxe d’essayer de l’aimer. »

Autres astuces pour apprendre, réussir et s’épanouir

Grosso modo, les autres astuces délivrées par Idriss Aberkane , sont celles que l’on retrouve souvent en développement personnel :

  • Bien dormir (car le sommeil consolide le savoir)
  • Dépasser ses croyances limitantes (voir l’histoire de Roger Bannister)
  • Enfin, trouver son Ikigai

J’ai tellement entendu parler du concept d’ikigaï que je n’ai même pas envie de l’aborder. Je te laisse faire une recherche « trouver son ikigaï », puis reviens me dire si tu l’as trouvé ou non.

C’est typiquement le genre de concept qui est très bien sur le papier, mais quand on le projette dans sa réalité, c’est loin d’être simple.

En vrai, un ikigaï se trouve en testant énormément de choses sur une très longue période. Période que l’on compte souvent en années.

Dernier concept : les onglets internet

Idriss Aberkane nous explique qu’aujourd’hui personne ne va sur Internet en consultant qu’une seule fenêtre. Bien au contraire, quand on a un sujet à explorer, on fait plusieurs recherches en ouvrant plusieurs onglets. Le souci, c’est qu’en fermant tous ces onglets, on perd la connaissance accumulée.

En partant du principe qu’il est fort probable que d’autres personnes fassent les mêmes recherches que nous. Il est aussi fort probable que notre liste d’onglets intéresse ces mêmes personnes.

Face à ce problème, Idriss Aberkane, propose de développer une application qui s’apparenterait à du mind mapping. N’importe quel sujet aurait une liste d’onglets déjà prédéfinie.

Après investigation, cette application s’appelait « Chréage ». « S’appelait », car le projet n’a pas trouvé son public, et très honnêtement, ça ne m’étonne pas.

Le constat de base sur les onglets est bon, mais en réalité, ce dont parle Idriss Aberkane, est une partie de ce qu’on appelle « la curation de contenu ». C’est-à-dire, partir d’un sujet et en faire la synthèse grâce à plusieurs sources.

Et il existe déjà des outils pour faire de la curation de contenu. Par exemple : Feedly, Scoop.it ou Pearltrees. Cependant, je ne sais pas si un d’entre eux, à la fonctionnalité d’enregistrer un sujet qui renverrait vers plusieurs sources.

Sinon la méthode la plus simple pour synthétiser l’ensemble d’une recherche est d’écrire des articles de blogs, exactement comme je propose ici 😉

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