Je vis en petite couronne parisienne. Tu devines ce que ça veut dire : du bruit, de la circulation, de la densité. Humaine comme urbaine.
Et comme si ça ne suffisait pas, mon immeuble est bruyant. Ou plutôt mes voisins, adeptes du « je vis comme si j’étais seul au monde ». Je devais déménager pour acheter un logement plus grand, mais mon CDI actuel ne se passe pas comme prévu. Alors je repousse mon déménagement. Une énième fois.
Et puis il y a ce détail qui me travaille : ça fait des années que je n’ai qu’une douche et bordel, m’allonger dans un bain chaud, qu’est-ce que ça me manque !
Alors un jour, j’ai craqué.
Je me suis payé un week-end solo ultra-confort à Veules-les-Roses, sur la côte normande, pour un peu plus de 300 €. Pour certains, ça peut paraître énorme ; pour d’autres, non. Nous y reviendrons.
En réalité, j’ai surtout payé pour le calme. Une suite en duplex, dont l’étage du haut est sous les toits : aucun voisin pour marcher au-dessus de ma tête au réveil. Et, évidemment, il y avait une baignoire.

Pourquoi partir pour écrire (et ce que j’ai changé depuis l’abbaye)
Au-delà du besoin de m’éloigner de Paris, de retrouver du calme et du confort, je suis aussi parti avec une mission : terminer l’un des articles du blog. C’est ma façon de donner du sens à mes escapades. Je ne pars pas seulement quelque part, je pars pour quelque chose.
Ce n’était pas gagné d’avance. Si tu as lu le récit de mon séjour chez les moines, tu sais qu’à l’abbaye, je pensais être extrêmement productif. J’avais emporté mon PC, je m’étais mis la pression… Et je n’ai presque rien écrit.
Cette fois, j’ai changé trois choses. Un objectif unique : finir un article, pas « écrire plein de choses ». Du confort plutôt que de l’austérité, rien d’autre à gérer, pas même les repas. Et une durée courte, qui crée une échéance naturelle au lieu d’une pression diffuse.
Et ça a marché. Je me souviens parfaitement de la scène. Le dimanche matin, avant de quitter l’hôtel, je mettais le point final à l’article. L’après-midi, je me baladais le long de la Veules, le plus petit fleuve de France. Vers 16 h, je me suis posé dans un café en mode chocolat chaud, j’ai rédigé l’e-mail pour la communauté et cliqué sur « Envoyer », juste avant de reprendre le volant pour Paris.
En me promenant, j’ai appris que Victor Hugo aimait séjourner à Veules-les-Roses, chez son ami Paul Meurice. Il y a même une grotte à son nom, où il venait contempler l’horizon.
Loin de moi l’idée de me comparer à Victor Hugo, mais ça m’a quand même fait sourire de savoir qu’un auteur qui a marqué l’histoire de France venait, lui aussi, chercher l’inspiration face à cette mer.

Mes critères : hors saison, silence, confort
Veules-les-Roses, c’est un tout petit village au bord de la mer, classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Une demi-journée suffit pour en faire le tour. Je te laisse imaginer la foule pendant les vacances, cette densité que j’essaie justement de fuir.
Comme je cherchais le calme, je suis donc parti hors saison, exactement comme pour Ouessant.
Je me souviens du samedi soir. Je m’étais avancé au bout d’un des pontons de la plage. L’éclairage du village n’arrivait pas jusqu’à moi : j’étais dans le noir, avec pour seuls repères, au loin, les lumières rouges des éoliennes et celles de deux ou trois bateaux.
Sous mes pieds, la mer. Et ce bruit si particulier des galets que les vagues roulent sur la plage. La première fois qu’on l’entend, c’est intrigant. Pour l’adepte d’ASMR que je suis, c’était un régal.
Comme je l’avais écrit à propos d’Ouessant, c’est exactement ce genre d’ambiance qui m’inspire.

Le vrai prix de ce week-end
Je ne vais pas me la raconter : avant de cliquer sur « Réserver », j’ai quand même hésité. Alors, pour que tu aies une idée, voici où est passé l’argent.
- Hôtel : 214 € (190 € la nuit + 14 € de petit-déjeuner)
- Restaurant : 42 € (samedi midi et samedi soir ; le dimanche, petit-déjeuner à l’hôtel et pique-nique le midi)
- Essence : 34 €
- Péage : 15 €
Total : 305 € pour un week-end tout confort, du samedi midi au dimanche en fin d’après-midi.
Tu remarqueras au passage que l’hôtel représente à lui seul 70 % de la note. Je voulais du calme et une baignoire, alors c’est là que j’ai mis l’argent.
C’est ce que j’appelle la sobriété stratégique, et c’est toute la différence avec la radinerie. Le radin économise sur tout, y compris sur ce qui compte pour lui. Le sobre économise sur presque tout, justement pour pouvoir dépenser sans remords sur ce qui lui importe vraiment.
Reste la vraie question. Pour 300 €, on peut aujourd’hui s’offrir une Apple Watch, un smartphone milieu de gamme ou un aspirateur Dyson sans fil en promo. Des objets qui serviront des années, alors que mon escapade n’aura duré que 30 heures. Alors, est-ce que ça valait le coup ?
Pour moi, à 100 %, pour deux raisons.
D’abord, ces 30 heures ont produit quelque chose de durable : un article terminé, qui restera sur le blog pendant des années. Ensuite, il y a le souvenir du ponton. Dans Die With Zero, Bill Perkins explique qu’une expérience verse des « dividendes de souvenirs » : elle continue de rapporter chaque fois qu’on y repense. Une montre, elle, on finit par ne plus la remarquer.
300 €, c’est cher ? Tout dépend de comment on compte
Comme je le disais en introduction, 300 €, c’est beaucoup pour certains et peu pour d’autres. Je connais même des personnes pour qui cette somme représente un mois entier d’épargne. Vu sous cet angle, sacrifier un mois d’épargne pour 30 heures de confort peut paraître absurde. Mais prenons le problème autrement.
Tu connais sans doute la règle des 4 % : on retire chaque année 4 % de son capital investi, en l’ajustant à l’inflation, ce qui a de bonnes chances de le faire durer. Pour financer 300 € par an, il faut donc 7 500 €. En mettant 300 € de côté chaque mois, tu y arrives en 25 mois.
Autrement dit, un peu plus de deux ans d’épargne suffisent à financer durablement un week-end comme celui-ci, chaque année.
Infos pratiques pour un week-end seul à Veules-les-Roses
- Où : Veules-les-Roses, sur la côte normande (Seine-Maritime), entre Saint-Valery-en-Caux et Dieppe.
- Hôtel : La Suite d’Exception à l’hôtel Douce France, suite en duplex avec baignoire, étage sous les toits.
- Prix : 190 € la nuit, petit-déjeuner à 14 €.
- Accès : environ 2 h 30 de voiture depuis Paris. Compte 34 € d’essence et 15 € de péage pour l’aller-retour.
- Quand y aller : hors saison, pour le calme. Je suis parti en novembre 2025.
- À voir : la balade le long de la Veules, le plus petit fleuve de France (environ 1,1 km), la plage de galets à la nuit tombée, et la grotte Victor Hugo.
Je recommande Veules-les-Roses à ceux qui sentent le besoin de s’arrêter, sans oser une retraite spirituelle ou un isolement radical. Beaucoup moins à ceux qui cherchent des activités : une demi-journée suffit pour faire le tour du village.
Ici, la retraite est douce : un café ouvert, une boulangerie, la mer à deux pas. Et si un week-end ne te suffit pas, l’endroit se prête aussi très bien à une semaine.
Pas besoin d’avoir tout réglé pour s’offrir des moments de retraite
Mon appartement est toujours aussi bruyant. Ma douche n’est toujours pas devenue une baignoire. Et mon déménagement attendra encore un peu.
Mais ce week-end m’a rappelé une chose : je n’ai pas besoin d’avoir réglé le gros problème pour m’offrir ce qui me manque. Pas pour toujours, pas tous les jours. Juste 30 heures, de temps en temps.
C’est toute l’idée du Plan de Bascule : ne pas attendre la retraite pour vivre, mais s’en offrir des petits morceaux, dès maintenant, financés par une épargne qui travaille pour toi.
Ce samedi soir, au bout du ponton, avec le bruit des galets sous mes pieds, je ne pensais ni à mon CDI, ni à mon épargne.
C’est exactement pour ça que j’épargne.
Et toi, combien ton capital pourrait-il déjà te verser chaque mois, et à partir de quand pourrais-tu commencer à travailler moins ? Calcule ta date de bascule avec le simulateur gratuit.
Et si tu veux suivre mes prochaines escapades, avec le budget réel et ce que j’en retire, je les raconte d’abord dans ma chronique.